« Réflexion... | Page d'accueil | Les rouges amis des nazis, ou le terrible aveux de Marie-Georges! »

28.12.2006

La dernière chronique de Philippe Randa

 

Voici la dernière chronique de Philippe Randa

 (www.philipperanda.com)   (www.dualpha.com)

La charité sous le meilleur angle des caméras

Le 4 janvier dernier, ma première chronique de l’année 2006 était
consacrée aux SDF : la dernière va l’être aussi. Un an après, par la
même température en-dessous de zéro, les misérables font toujours
l’actualité.
Petite différence toutefois, élection présidentielle oblige : les «
politiques » sont davantage présents : le maire de Paris, Bertrand
Delanoë, signe une charte rédigée par la très médiatique association
des Enfants de Don Quichotte. Ça n’engage à rien et ça fait toujours
bien.
  À ses heures avocat israélien et garde-frontière en rollers – à moins
que ce soit le contraire – et le reste du temps chargé de mission du
Ministre de l’Intérieur, Arno Klarsfeld s’empresse aussitôt de déclarer
pour sa part que cette Charte va « dans le sens de ce qu’a proposé
Sarkozy ». Ça n’engage pas davantage et ça fait tout aussi bien.
Rappelons tout de même que le propre de Don Quichotte, sympathique
agité du bocal, est quand même de confondre des moulins à vent avec de
terribles ennemis qu’il entend pourfendre, lance en avant et Sancho
Panza à la traîne. Mais, dans sa folie, il est incontestable que les
buts du plus célèbre des hidalgos sont parfaitement nobles. Qui oserait
douter que ceux de l’association éponyme le soient aussi et qu’une
solution soit trouvée, enfin !, au drame de nos malheureux
concitoyens ?
Une solution et pas la naissance d’une institution qui soit quelque
chose comme le pendant « immobilier » des Restos du cœur.
Voilà vingt-deux ans désormais que des citoyens, pas tous bénévoles
(l’association compte une centaine de salariés, une vraie petite PME),
nourrissent des cohortes de pauvres, chaque année plus nombreux et pour
certains pas si nécessiteux qu’ils veulent bien le montrer.
Ce qui n’aurait du être qu’une action aussi généreuse que ponctuelle –
attirer l’attention des Pouvoirs publics sur le drame d’une nouvelle
pauvreté qu’ils se refusaient à voir – s’est institutionnalisée. Les «
Restos du cœur » font désormais partis de notre décor hivernal. Les
gouvernements successifs, de droite comme de gauche, s’en sont fort
bien accommodés. Loin d’en être honteux, les ministres s’en servent
même pour se faire voir et valoir, comme le premier saltimbanque en mal
de publicité venu.
Pour entériner, si ce n’est encourager la pérennité de la chose, une «
loi Coluche » vous permet même de compenser fiscalement vos élans de
générosité, comme l’indique très clairement le site
www.restosducœur.com : « Pour les sommes versées en 2006 (à déclarer en
2007), vous pouvez désormais bénéficier d’une réduction d’impôt sur le
revenu correspondant à 75 % de votre don, avec un plafond de 479 euros.
Au-delà, et dans la limite de 20 % de vos revenus imposables, la
déduction est encore de 66 %. Si vous dépassez cette limite, l’excédent
vous donnera droit à un crédit d’impôt sur les cinq années suivantes.
Menacé durant cinq mois par le vote de la loi sur le mécénat en août
2003, cet avantage fiscal a été conforté et renforcé par les votes
unanimes de l’Assemblée Nationale et du Sénat, faisant suite à une
forte mobilisation des Restos du Cœur. Comme le répondait Coluche à
certains qui s’inquiétaient qu’il leur fasse de l’ombre : “Mais non !
Je vais vous faire du soleil !” »… et un gros coup de pub, au passage !
Rappelons quand même qu’avant les Restos du Cœur, des associations se
préoccupaient déjà des malheureux (Armée du salut, Secours catholique,
Croix Rouge, Secours populaire, etc.)… et la crise du logement avait
déjà connu son héraut, un certain hiver 53/54 : l’Abbé Pierre ; s’en
étaient suivis les centres Emmaüs qui ne semblent pas avoir fait un
trop mauvais travail…
Quel besoin a-t-on de créer des associations supplémentaires, sinon
pour obtenir quelques places sonnantes et trébuchantes ou profiter de
quelques projecteurs toujours si prisés ?
Toutes les anciennes associations dont la pérennité prouve qu’elles ont
pourtant fait leurs preuves, ont sans doute un côté trop ringard aux
yeux de nos saltimbanques et de nos politiciens pour qu’ils puissent y
épancher avec toute la puissance de leurs convictions leur trop-plein
de bons sentiments médiatico-humanitaires. La charité ne semble se
concevoir pour certains que sous le meilleur angle des caméras."

Je partage son analyse,toutefois, il me semble important de se souvenir que les investisements concédés pour les centres d'accueil pour sans papiers, les prix des billets d'avion,la cmu, le cout des procédures de rapatriement et de naturalisation et tout les autres "cadeaux" faient aux clandestins sont autant d'argent en moins pour nos Français sdf!

medium_philipperanda.2.jpg